Les échecs en thérapie et éventuelle aggravation du cas – Quora

Un psychologue, psychiatre ou psychothérapeute… Peut-il échouer à soigner un patient et au contraire aggraver sérieusement son cas ?

Échouer à “soigner” évidemment. De mon point de vue, “soigner” n’est d’ailleurs pas le travail du psy (hormis peut-être celui du psychiatre, puisque médecin).

La plupart des “psy” n’ont pour seul objectif que d’apaiser la personne, de lui permettre de mieux vivre et idéalement d’être heureuse. (Un grand nombre de confrères, notamment les cognitivistes ne vont pas aimer cette réponse).

Evidemment, l’accompagnement / la thérapie se traduit parfois (souvent) par la disparition ou du moins l’apaisement du ou des symptômes/problèmes qui ont amenés la personne à consulter.

Néanmoins, parfois il n’est pas question de soigner quoi que ce soit, il s’agit simplement pour la personne de changer de point de vue. On parle par exemple de “croyances limitantes” pour désigner des a priori qu’une personne peut avoir sur le monde ou sur elle-même. Typiquement : “Je ne vaux rien ; Je ne mérite pas le bonheur / d’être aimé(e) ; On ne peut pas réaliser ses rêves ; …”

Dès lors, en comprenant les origines de ces croyances limitantes et en s’acceptant tel que la personne est, grâce à la thérapie par exemple, elle ira mieux et se permettra (enfin) de vivre vraiment.

Pour ce qui est d’ “aggraver sérieusement” le cas, c’est encore autre chose. Tous les “cas” ne sont pas potentiellement aggravable (néologisme). Si on reprend l’exemple précédent, la personne ne développera pas de pensées encore plus négatives sur elle-même dans le cadre “normal” d’une thérapie.

Attention en revanche à ne pas tomber sur un(e) “charlatan” n’ayant aucune qualification, qui pourrait aggraver l’état de ses patients. Pire encore, attention à ne pas aller voir n’importe qui, certains “charlatan” pourraient prendre plaisir à détruire psychiquement des personnes.

Pour les autres “cas”, le plus souvent, si la personne va plus mal après qu’avant, c’est parce qu’elle n’est pas allée au bout de sa thérapie. Effectivement, la thérapie est souvent difficile pour la personne qui la suit, c’est un travail commun entre le thérapeute et le patient qui doit s’y investir. On traverse, ensemble, des choses douloureuses, des vérités difficiles et parfois des souvenirs traumatiques. Mais si l’alliance thérapeutique est bonne et que la personne n’arrête pas le travail en plein milieu, justement parce que des choses difficiles ont émergées, ces éléments seront assimilés et ne feront plus souffrir de la sorte.

Au niveau des maladies psychiatrique, c’est un autre débat dans lequel je ne m’aventurerais pas. Ces personnes-là ont besoin d’un étayage plus important et selon moi, un seul professionnel ne suffit pas pour les aider. Toujours selon moi, on ne guérit pas la psychose (ce n’est d’ailleurs pas une maladie !), on la stabilise pour permettre à la personne de pouvoir mener une vie “normale” en société, sans faire des allers-retours en psychiatrie.