Psychopathie et traumatisme

Les psychopathes ont-ils obligatoirement vécu un épisode traumatisant ?

Cela dépend de ce que vous appelez “un épisode traumatisant”. Mais d’une façon générale, je dirai non.

Oui, la psychopathie se développe chez des personnes qui ont connu d’énormes souffrances dès leur plus jeune âge, néanmoins, à cette âge-là, nul besoin que l’événement soit “traumatisant” au sens général du terme (attentat; viol; …).

A l’heure actuelle, aucune étude ne démontre que la psychopathie serait un trouble génétique. La théorie que j’expose ici n’est donc basée que sur la psychologie (mon domaine d’expertise) et n’est qu’une théorie, pas une vérité.

Face à une souffrance extrême ressentie par le nouveau-né, la psychopathie (absence de sentiments / émotion / …) se développerait en tant que bouclier / protection. Le vécu émotionnel d’abandon / de rejet / de peur / faim / …* étant trop grand pour le bébé, le psychisme de celui-ci viendrait forclore** tout vécu intérieur et l’enfant se développerai alors ainsi en grandissant.

* : les “/” signifient ici “et/ou” ; Les exemples ci-dessus ne sont pas exhaustifs.

** : La forclusion est le rejet, hors de la conscience, d’un élément perturbant. C’est une forme de refoulement plus sévère, car ce qui est refoulé fait retour sous forme de symptôme(s) et peut revenir en mémoire, ce qui n’est pas le cas de ce qui est forclos.
Pour plus de précision, voir : Forclusion (psychanalyse) — Wikipédia ou Vocabulaire de la Psychanalyse