Terroriste = malade mental ? – Quora

Les terroristes sont-ils des malades mentaux ?

Tout dépend de ce que vous appelez “malades mentaux”. Mais pour la plupart, non, je pense qu’ils ne souffrent pas de maladies psychiatriques. Et comme l’a dit Pascal Barre, ce qu’est ou non un “terroriste” ne va pas de soi. Néanmoins, je considérerai dans ma réponse que vous faite référence aux terroristes tels qu’ils sont considérés dans le monde occidental.

Les études en psychologie sociale montrent par exemple qu’on retrouve le même profil de personnes dans l’armée que dans la mafia / les gangs. Pourquoi et comment ?

Et bien ces deux “forces” sont les deux faces d’une même pièce. Certains représente la loi, la justice, etc pendant que l’autre représente (socialement) le crime, la violence, mais aussi l’argent facile. Ça c’est pour les différences. Pour le reste, ils ont énormément de points communs, ce qui explique les résultats de recherche.

Les deux offrent :

  • Un très fort sentiment d’appartenance, renforcé par : d’un côté le bizutage et de l’autre des rites/épreuves d’intégration ;
  • Un cadre (des règles très strictes, des strates hiérarchiques)
  • Un sentiment de sécurité
  • En quelque sorte, une nouvelle famille, choisie cette fois !
  • Un moyen de sortir de ses contraintes (pauvreté ; rapports familiaux compliqués ; solitude ; …)

Dès lors pourquoi choisir le crime plutôt que l’armée ? Cela dépend de tout un tas de choses, mais il est parfois plus simple pour un jeune de banlieue d’intégrer un gang que de rejoindre l’armée, tout comme il est plus simple de travailler pour un dealer que d’être embauché par une société quelconque. L’argent facile, le réseau social, l’environnement, les croyances, … Sont autant de choses qui peuvent influencer ce choix.

D’ailleurs, je parle de “choix”, néanmoins les personnes concernées ne se posent même pas la question “plutôt l’un ou l’autre ?”. Ils s’engagent dans une voie pour des raisons conscientes et d’autres inconscientes, en fonction de leur background et des opportunités qui leurs sont offertes.

Comment leur reprocher l’orientation vers l’un plutôt que l’autre ? Vous-mêmes (lecteurs) n’aviez sans doute jamais fait le parallèle entre mafia et armée. Ces « choix » sont inconscients. Or, comme le disait Freud « l’inconscient ne connait pas la loi ». L’inconscient ne connait, de fait, pas la morale.

Evidemment l’entrée dans un groupe “terroriste” quel qu’il soit ne se fait pas du jour au lendemain. Il y a tout un tas de “recruteurs” qui traquent (généralement via les réseaux sociaux et les forums) les personnes fragiles psychiquement. Ils les séduisent, se montrent gentils et compatissant, puis à travers l’utilisation de diverses techniques de manipulation, isolent la personne et l’enjoignent à les rejoindre, jusqu’au départ en camp de formation par exemple. C’est exactement le même système de recrutement que pour n’importe quelle secte. Ce qui pousse les personnes à produire des actes violents / meurtriers sont justement des processus inconscients, qui ont été amenés progressivement par les recrutements, puis la formation du “jeune terroriste”. Toutes ces personnes connaissent et utilisent les recherches en psychologie, notamment en psychologie sociale…

Par ailleurs, tout comme je disais plus tôt que la mafia / les gangs apparaissaient parfois comme une réponse “simple” aux jeunes en souffrance, la société actuelle et la médiatisation du “terrorisme” fait de ces sectes une réponse tout aussi évidente pour certains. Aujourd’hui, en Occident du moins, il ne me paraît pas insensé d’imaginer que ces mêmes profils, qui rejoignaient l’armée ou les mafias, pensent plus facilement aux groupements terroristes plutôt qu’aux mafias (puisqu’on en parle désormais beaucoup plus que des mafias / des gangs).

Tout ceci pour dire que le processus est le même et qu’il a toujours existé. Seule la forme de la réponse change, pas le fond (solitude ; manque de repères ; insatisfaction liée au système politique / au capitalisme ; …)